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Isolation thermique du bâtiment : Tout savoir

 Isolation thermique du bâtiment

L’isolation n’est plus seulement affaire de confort. Elle est devenue une question économique majeure, liée à l’environnement et aux nouveaux enjeux écologiques. Il faut préserver les ressources, limiter les émissions de CO2 et donc consommer moins d’énergie.

40 % des émissions de gaz à effet de serre sont produits par les bâtiments. Agir sur leur consommation énergétique offre un axe d’action privilégié pour atteindre des niveaux acceptables. L’isolation fait partie des moyens efficaces dans cette voie, qui motive stratégies et recherches.

En devenant un vecteur d’action environnementale, l’isolation thermique a vu évoluer ses normes, ses techniques, ses aides, pour atteindre des exigences de plus en plus rigoureuses.

Isolation thermique

Quelles normes isolation thermique ? De la RT 2012 à la RT 2020

La réglementation en matière d’isolation thermique n’a cessé, depuis 1972, année des premières mesures, de devenir plus exigeante. La plus précise en matière de construction, la RT 2012, est entrée en vigueur le 1er janvier 2013 et a fixé des seuils de consommation à un plafond de 50 kWh/m².

La RT 2020, depuis le 1er janvier 2021, s’est donné un objectif plus ambitieux encore, en encourageant les bâtiments neufs à devenir des habitats qui produiront plus d’énergie qu’ils n’en consomment, des BEPOS (Bâtiments à Énergie Positive) et des maisons passives, qui dépensent peu d’énergie et recyclent celle qu’elles produisent. 

A la différence de la norme RT 2012, elle prend désormais aussi en compte la consommation des appareils ménagers et électroniques, ainsi que les matériaux employés pour l’isolation. Alors que la RT 2012 se concentrait sur la diminution de consommation d’énergie, la RT 2020 ajoute à ce but la production d’énergie au moyen de sources vertueuses et la réduction des déchets énergétiques en utilisant des matériaux non polluants.

L’isolation thermique se trouve ainsi au cœur de la stratégie RT 2020.

L’isolation thermique constitue le préalable à l’installation d’énergies renouvelables. L’effort en matière de consommation énergétique grâce à des sources non polluantes est vain si les pertes thermiques viennent ruiner les gains.

Pour conduire efficacement une démarche d’isolation thermique, il est utile de savoir où s’effectuent les principales déperditions de chaleur. Ces pertes se répartissent ainsi : près de 30 % par le toit,  environ 20 % par les murs, 15 % par les fenêtres 10 % par les sols. Il faut donc agir à ces niveaux.

Isolation des plafonds et toit

L’isolation du plafond et du toit dépend de leur configuration. La présence d’un faux plafond permet la mise en œuvre d’un isolant dans l’espace existant, tandis qu’un plafond simple peut être enduit d’une couche d’isolant ou recouvert d’une toile en pvc thermosensible. Le traitement du toit est différent s’il s’agit de combles perdus ou aménagés. Dans des combles perdus deux procédés sont proposés : soufflage d’isolant, pratique lorsqu’il y a des espaces peu accessibles, ou pose de panneaux ou de rouleaux de matière isolante. Les combles aménagés sont éligibles à plusieurs méthodes :  injection d’isolant, pose de panneaux ou rouleaux en matériau ou procédé du sarking, qui revient à une isolation du toit par l’extérieur. La charpente est mise à nu, des panneaux isolants posés et la toiture reposée ensuite. L’avantage du sarking est de ménager la hauteur sous-toiture existante, élément important dans des combles aménagés.

Les toitures-terrasses ont l’avantage d’offrir une configuration aisée, soit pour y déposer une couche d’étanchéité puis d’isolant, soit pour accueillir de la végétation et créer un toit végétalisé particulièrement en vogue et esthétique.

Isolation des murs et du sol

Les murs peuvent être isolés de l’intérieur, en les recouvrant de panneaux ou en projetant dessus une matière isolante. Cette méthode présente l’inconvénient de réduire la superficie de la pièce isolée. Par l’extérieur, l’isolant est placé sous un bardage ou un enduit. Cette fois, il peut modifier l’aspect de la façade et induire des travaux de peinture élevés.

Pour les sols, là encore, le type de plancher détermine les moyens. Sur un terre-plein, une isolation périphérique allant jusqu’aux fondations est réalisée au moyen d’une dalle.

Sur vide sanitaire une dalle est placée entre le sol et le haut du vide sanitaire. Sur un sous-sol non chauffé, l’isolation consiste en la pose de matériaux adaptés sur le plafond du sous-sol, souvent un garage.

Isolation des fenêtres

Le remplacement de fenêtres défaillantes par des fenêtres performantes sur le plan thermique représente la solution idéale, mais coûteuse. Néanmoins, d’autres actions d’aménagement sont possibles. Passage en revue de celles-ci :

Le changement des dormants

Quand les dormants sont déformés, leur remplacement peut s’avérer suffisant pour améliorer l’isolation thermique des fenêtres en reconstituant une parfaite étanchéité. Le pvc et l’aluminium sont les matériaux favoris pour cette option. Toutefois, certains règlements relatifs à la façade n’autorisent pas ces matériaux modernes et le bois offre alors un recours acceptable, même si moins performant du point de vue de l’isolation.

Le remplacement des ouvrants

Dans le cas inverse d’ouvrants, ou vantaux, défaillants, remplacer les ouvrants constitue une solution qui entraîne des travaux rapides et peu de dégradations. Si on y inclut la pose de double vitrage, le résultat est satisfaisant.

Installation de double vitrage

Si les dormants et vantaux sont solides et supportent cet apport, l’équipement en double vitrage, qui préserve une lame d’air d’au moins 6 mm, représente une solution simple et économique, qui double l’isolation thermique d’une prévention acoustique appréciée, et parfois recherchée dans certains environnements bruyants.

Pose d’une double fenêtre en intérieur

Quand la façade interdit le changement de fenêtre ou qu’elle ne peut supporter un double vitrage, il est possible d’ajouter  une fenêtre à l’intérieur. L’option comporte quelques désavantages : perte d’espace et de luminosité, aspect intérieur peu esthétique, risque de condensation ou d’effet de serre entre les deux fenêtres. Les fenêtres situées au nord seront privilégiées pour cet équipement. 

Installation de volets 

Lorsqu’il n’y en a pas, la pose de volets roulants ou battants permet de créer une isolation efficace. Les règlements d’urbanisme ou de copropriété conditionnent cette possibilité, que ce soit au niveau de la configuration ou des matériaux des volets autorisés.

Isolation du garage

Cette pièce est souvent négligée puisqu’elle ne sert que de passage. Pourtant la déperdition thermique peut atteindre les 10 % par cette entrée. L’installation d’une porte sectionnelle de garage contribue à réduire cette perte, en procurant à cet accès une isolation ainsi qu'une sécurité renforcée.

Outre ces équipements qui impliquent un coût relatif, il reste quelques procédés économiques d’isolation, réalisables soi-même,  dont voici des exemples.

Film de survitrage

Application d’un film plastique thermo rétractable, à l’extérieur ou à l’intérieur du vitrage. La propriété isolante de ce film demeure limitée, sa pose est délicate et sa légère occultation de la lumière peut être gênante.

Calfeutrage 

La méthode est ancienne mais relativement efficace. En posant des joints en mousse, silicone ou caoutchouc, il est possible de réduire les déperditions de chaleur, à condition que les vantaux et dormants soient en bon état.

Rideaux thermo-isolants

Solution simple et abordable, qui peut contribuer à l’habillage de son décor, les rideaux thermo-isolants pour portes et fenêtres, apporte un certain confort. Le principal inconvénient tient au fait qu’ils doivent être tirés pour être efficaces….

Quand les moyens le permettent, le changement complet de fenêtres à haute performance isolante figure en tête des recommandations. Le coût n’est pas seul à devoir être pris en compte. Il faut songer aux inconvénients engendrés par les travaux : condamnation temporaire de la pièce le temps de la pose, dégradation des revêtements muraux, modification éventuelle de l’aspect de la façade…

Des matériaux réhabilités au service de l’innovation thermique

Comme ce sont des préoccupations environnementales qui ont prévalu aux diverses réglementations mises en place, les techniques et matériaux employés en isolation ont évolué dans la même direction.  

A base de produits naturels ou recyclés, les matériaux isolants s’illustrent par la diversité et leurs caractéristiques propres. Les isolants synthétiques sont encore employés mais de moins en moins privilégiés. 

Quel est le matériau idéal pour l'isolation thermique ?

Le choix est fonction de la destination du matériau.

  • La laine de verre, qui offre aussi une protection contre l'incendie, s'adapte à l’isolation de  la toiture, des murs et cloisons.
  • Le verre cellulaire, qui supporte la compression, convient aux sols et toitures.
  • Les laines végétales (chanvre, fibres de bois, ouate de cellulose, coton et textiles recyclés, laine de lin) sont de bons isolants thermiques, mais aussi acoustiques, pour les murs, toitures et planchers, à condition de subir des traitements ignifuges, antifongiques et contre les insectes.
  • Les laines animales (mouton ou plumes de canards) couvrent combles perdus, plafonds et murs, douées d’une légèreté qui n’affecte pas la structure de l’habitat.
  • Les polystyrènes sont plutôt réservés aux dallages industriels ou extérieurs, en raison de leur risque toxique lorsque la température s’élève.

Les isolants minces sont tentants dans la mesure où ils sont faciles à poser, étanches et peu volumineux. Ce matériau multi couches, dans lequel des feuilles d’aluminium ou de plastique enrobent une couche de mousse souple ou de feutre végétal, est efficace contre le rayonnement thermique mais d’une portée limitée. Ces isolants sont employés en complément d’une isolation plus consistante.

Des aides ciblées à l’isolation thermique

Les préoccupations gouvernementales ont donné lieu à un certain nombre d’aides et avantages à l’isolation thermique.

MaPrimeRénov’ Parcours accompagné

MaPrimeRénov’ Parcours accompagné, qui privilégie les travaux de rénovation énergétique d’ampleur qui aboutissent à gain de 2 classes énergétiques au moins, prend en charge une part des dépenses, pourcentage variable de 30 à 80 % HT, en fonction du niveau de revenus, de très modestes à supérieurs.

La Prime Effy

La Prime Effy : pour bénéficier de cette aide, il faut remplir certaines conditions : être propriétaire ou locataire, faire réaliser ses travaux par un artisan RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) dans un logement achevé depuis plus de 2 ans. Le pourcentage est fonction du niveau de revenus (50 % pour les ménages très modestes et 35 % pour les revenus modestes) dans la limite de 11 000 euros.

L’éco Prêt à taux zéro

L’éco Prêt à taux zéro : octroyé sous conditions de ressources, ce prêt sur 15 ans peut atteindre 30 000 euros. Il peut être contracté auprès d’une banque ayant signé avec l’Etat une convention jusqu’au 31 décembre 2024.

Tva réduite

L’application d’un taux à 5,5 % par les artisans est destinée à encourager les investissements d’isolation.

L’isolation thermique, devenue un critère de construction et de rénovation, est désormais source de stimulation financière. Confort, économies et protection environnementale se rejoignent dans une même stratégie.

FAQ

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